Présentation de l'institution
L'ORIGINE DES MONTS-DE-PIETE
L’origine des Monts-de-Piété remonte en Italie au XV siècle, mais le prêt sur gage existe probablement depuis bien plus
longtemps.
En effet, dès que l’homme créa l’argent, certains éprouvèrent le besoin d’échanger temporairement des
biens contre de l’argent.
Les usuriers comprirent très vite qu’en entretenant la rareté de l’argent, ils
pouvaient tirer énormément de bénéfice de ce commerce.
C’est donc pour lutter contre la rapacité des usuriers qui proliféraient à
cette époque et qui ruinaient les populations en exigeant parfois de plus de 130% qu’un moine, Barnabé de Terni, eut l’idée
de créer une institution caritative prêtant de l’argent sur gage.
D’après les historiens, cette institution vit le jour en 1462, à Pérouse au centre de la péninsule
Italienne. On lui donna le nom de Mont-de-Piété.
LE MONT-DE-PIETE DE BRUXELLES
Il est bien connu qu’on prête qu’aux riches. Et pourtant, blotti au cœur de Bruxelles, à deux pas du Sablon et
du Palais de Justice, un grand bâtiment, un peu austère il est vrai, abrite une institution publique qui contredit depuis 1618 ce célèbre dicton.
En effet, au début du 17ème siècle, la misère était partout, la bienfaisance publique quasi
inexistante ou très mal organisée et les usuriers qui ont fui l’Italie où les Mont-de-Piété se sont développés, envahirent
petit à petit nos régions.
Wenceslas Cobergher qui était à la fois peintre, architecte, ingénieur et même diplomate,
s’intéresse à toute idée nouvelle et au retour d’un séjour d’étude en Italie, enrichi de ce qu’il y a vu,
propose à nos Gouverneurs l’Archiduc Albert et son épouse l’infante Isabelle, personnalités pondérées et éclairées, la
création dans nos régions d’institutions de prêts sur gage semblables à celles qu’il a vues en Italie. L’ouverture
d’un Mont-de-piété à Bruxelles est décidée.
L’établissement ouvrira ses portes au public le 28 septembre 1618 pour ne plus jamais les refermer.
Il s’établit, dans un premier temps, à la rue du Lombard pour déménager vers 1860 vers son
implantation actuelle de la rue St Ghislain. Ceci en fait la plus ancienne institution financière de Belgique.
EVOLUTION ET DEVELOPPEMENT
Tout comme en Italie, les Monts-de-Piété se développèrent très
rapidement dans la plupart des villes de Belgique. Les historiens en comptent plus de vingt mais tous fermèrent les uns après les autres
sauf celui de Bruxelles qui après avoir été le premier est maintenant le dernier Mont-de-piété en Belgique.
Ceux qui proclament, haut et fort, que les Monts-de-Piété sont des institutions dépassées
dans un pays développés comme le nôtre, sont très mal informés.
Les chiffres en continuelle augmentation témoignent de la pertinence et de l’actualité de l’activité. En 2011,
29000 prêts ont été accordés dont 10% à des personnes fréquentant
pour la première fois l’institution. Le total des prêts en cours dépassent les 18.000.000€.
Cette formule de prêt est, même encore de nos jours, probablement la façon la plus simple
et la plus souple pour permettre à toute personne de disposer très rapidement (le plus souvent en quelques minutes) de liquidités si
nécessaire importantes, lui donnant la possibilité, soit de faire face à une échéance urgente, soit de saisir une opportunité sans être
contraint de vendre ses biens.
Contrairement à une des idées fort répandues, plus de 95% des prêts sur gages sont
remboursés par les emprunteurs qui récupèrent donc les bijoux ou les objets qu’ils avaient réclamés par les déposants et doivent en
conséquence être mis en vente publique. Dans ce cas le Mont-de-Piété prélève sur le produit de la vente les montants dus et les frais et
ristourne le solde au client emprunteur.
REGLEMENTATION ET ADMINISTRATION
Le Mont-de-piété de Bruxelles est régi par la loi du 30 avril 1848 et par un règlement organique arrêté par le Conseil communal de
la Ville de Bruxelles.
Sous
l’autorité d’un Conseil d’Administration nommé par le Conseil Communal et dont le Bourgmestre de la Ville de
Bruxelles est président de droit, l’équipe du Mont-de-Piété (une trentaine de personnes) assure le fonctionnement de
l’activité.
MONOPOLE DU PRET SUR GAGE
En Belgique, la profession de prêteur sur gage est, en vertu de la loi, un monopole réservé au Mont-de-piété et la tenue de maison
privée de prêt sur gage est sévèrement punie. (Code pénal art. 306 & 307).